Les Rendez-vous aux Jardins à Blandy Les Tours

- 6 Juil 2026 -

Soyez les bienvenus dans ce nouveau blog. Aujourd’hui nous vous invitons à nous rejoindre dans l’une des plus belle enceintes médiévales d’Ile de France, à savoir le château de Blandy les Tours en Seine et Marne. Nous avons récemment participé à l’animation de ce site remarquable à l’occasion des « Rendez-vous aux jardins« .

Nous vous proposons un blog en deux temps : d’abord un retour sur nos animations à Blandy les Tours et, dans une seconde partie, une présentation du jardin médiéval qui constitue un modèle du genre tant à travers son contenu que par sa conception.

Scapel et Matula aux rendez-vous aux Jardins

Le thème retenu pour cette édition était la période Renaissance. La météo n’étant décidément pas favorable, nous nous sommes installés au rez de chaussée de l’auditoire. La pièce, suffisamment étendue, permettait la tenue conjointe des ateliers de fabrication et de l’animation autour de la Renaissance.

Introduction à nos animations par Dame Clotilde.

Nos animations

Nous intervenions sur 3 jours. Le vendredi était consacré exclusivement à plusieurs classes du primaire qui ont à la fois participé aux ateliers et aux présentations autour de la Renaissance. Les deux jours suivant, le public, avec une forte proportion de familles, pouvait se répartir librement entre les deux activités.

Coté atelier, les participants se voyaient proposer plusieurs recettes simples à réaliser, autour de plusieurs thèmes allant de l’hygiène à la cosmétologie. Damoiselle Emeline encadrait ces préparations avec lesquelles les enfants (et parfois leurs parents) repartaient.

Les ateliers de fabrication avec Dame Emeline

Les ateliers ont au beaucoup de succès auprès des visiteurs.

Coté présentation, nous avions monté un large décors comprenant beaucoup de matériel sourcé. Nous avons présenté les activités de médecine, chirurgie, apothicairerie et aussi de parfumerie et de confiserie puisque ces deux professions se développent à la Renaissance, notamment à la faveur des échanges avec l’Italie (voir, pour la parfumerie, notre blog sur l’eau de la Reine de Hongrie et sur les parfums de la Renaissance).

Notre animation s’inscrivant dans le cadre des visites aux jardins, nous avons mis en avant le métier d’apothicaire et les grandes évolutions que cette profession a subie à la Renaissance.

Instruments d'apothicairerie Renaissance

Quelques instruments de travail de l’apothicaire.

Vaisseaux d'apothicairerie Renaissance.

Vaisseaux d’apothicairerie Renaissance.

Parmi les raisons ayant contribué à ces évolutions, citons notamment, le début de la contestation des « Anciens » (remise en cause des savoirs et théories d’origine antique), la découverte du nouveau monde (avec l’introduction de nouvelles plantes… et aussi de nouvelles maladies), le développement de nouveaux concepts pour la préparation des remèdes (notamment sous l’influence de Paracelse) ou encore le développement de nouvelles théories pour la recherche de remèdes dans la nature.

Nous avons échangé avec le public en continu sur les trois journées d’animation, tout en faisant voir, sentir et gouter du matériel et des produits liés à ces domaines.

Présentation de macéras parfumés.

Présentation de macérats parfumés.

L’ensemble a été naturellement présenté en tenues reconstituées à partir de tableaux du XVIème siècle.

Costumes Renaissance

Reconstitutions de costumes utilisées pendant les animations.

Nous attachant toujours aux sources, nous avions emmené avec nous plusieurs facsimile d’ouvrages destinés à illustrer de façon vivante nos propos. La collection incluaient des ouvrage d’apothicairerie et des herbiers, mais également des ouvrages de chirurgie, d’anatomie (voir plus bas) ou de médecine.

Facsimiles de livres

Des livres présentés coté apothicaire (haut) et chirurgie (bas).

Notre échange sur la Renaissance a eu l’heur de plaire aux visiteurs qui ont durablement occupé les sièges qui leur étaient destinés sur la durée de notre intervention. La Renaissance et ses évolutions ont suscité de très nombreuses questions parmi le public, sur des sujets très variés. Un échange réellement passionnant tant il est vrai que les quelques clés que nous avons pu donner à propos de cette période ont amené des réflexions et des interrogations à la fois sur la transition Moyen Age – Renaissance et sur l’évolution vers la pensée scientifique des XVII et XVIIIème siècles.

Présentation au public dans le décors Scalpel et Matula Renaissance.

Dame Clotilde en présentation des travaux de chirurgie d’Ambrois Paré (1510-1590).

Focus sur deux personnages célèbres

La Renaissance, que nous avons évoquée à Blandy les Tours à l’occasion de ces rendez vous aux jardins, est une période de foisonnement intellectuel et de questionnements. Notamment elle se caractérise par une volonté de découvrir et d’observer directement les sujets traités, en abandonnant progressivement la contrainte des pensées et théories admises. On peut véritablement dire que la Renaissance marque l’émergence d’une pensée scientifique moderne.

Pour illustrer ce renouveau dans l’approche scientifique, interessons nous à deux personnages célèbres de cette période : un anatomiste et un médecin botaniste.

L’anatomiste

Andries Wijtinck dit van Wessel (1514-1564) est plus connu sous son nom latinisé (une pratique courante à l’époque dans le domaine médical) d’Andreas Vesalius ou sous son nom Français dérivé d’André Vésale.

Portrait d'André Vésale.

Portrait d’André Vésale tiré de son ouvrage la Fabrica.

Né en Flandres dans une famille de médecins (son arrière grand père et son grand père) et d’apothicaire (son père) attachés à des cours prestigieuses (Charles le téméraire (1433-1477) puis Maximilien Ier (1459-1519) et enfin Charles Quint (1500-1558)) il semble avoir été intéressé par l’anatomie humaine dès son plus jeune age. Durant ses études, débutées à Louvain puis poursuivies à Paris, il est remarqué par ses professeurs. Notamment l’appui de son compatriote Jean Gonthier d’Andernach (1505-1574), alors professeur à l’Université de Paris, parait avoir été déterminant. Ce dernier soutiendra auprès de la faculté la demande de Vésale de réaliser une première dissection humaine pendant un cours d’anatomie de ses maîtres, avant de confier à Vésale toutes les dissections de son propre cours.

Il faut dire que Vésale n’était guère satisfait de ses maîtres parisiens en anatomie. D’après ses propres dires (repris de Berche et Lefrère, 2021) :

« A part les huit muscles de l’abdomen honteusement lacérés et présentés dans un ordre défectueux, personne, à vrai dire, ne m’avait montré aucun muscle, ni d’ailleurs un os quelconque et moins encore un réseau de nerfs, de veines ou d’artères. »

Contraint de quitter Paris en juillet 1536, puisque la guerre éclate entre le royaume de François Ier (1494-1547) et l’empire de Charles Quint, dont dépend sa région natale, Vésale passe d’abord par Louvain avant d’intégrer à l’automne 1537 la célèbre et alors très renommée université de Padoue.

Le studium de Padoue a ceci de particulier qu’il est très ouvert aux nouvelles idées et surtout permet des libertés dont sont dépourvues la majorité des autres universités.

Sa création en 1222 (il s’agit alors d’une université de juristes) porte déjà la marque de cet esprit de liberté : elle est le résultat d’une révolte d’étudiants et de maîtres de la faculté de droits de Bologne, mécontents des contrôles croissants imposés par la commune aux corporations étudiantes. Sans entrer dans les détails de l’histoire de ce lieu d’enseignement, il est utile de noter que cette université se verra d’abord accorder un certain nombre de privilèges par la papauté (notamment une bulle de Clément VI (1291-1352, pape en 1342) en 1345) qui contribueront à sa notoriété. La fin du XIVème voit l’enseignement se diversifier progressivement vers un studium général comprenant notamment, outre le classique trivium, la médecine.

C’est la prise de contrôle par la République de Venise en 1405 qui va être déterminante pour la destinée de l’université de Padoue. La Sérénissime voit dans cette université, tout à la fois un élément de prestige international (Padoue est alors la quatrième université d’Italie par sa taille, après Bologne, Pavie et Pérouse)et aussi un formidable « laboratoire » à penser avec potentiellement de gros avantages pour son activité commerciale. La position de Venise est donc résolument de permettre une liberté de penser, quitte à sciemment contourner les obligations de l’Eglise. Cette politique et une volonté d’excellence dans le choix des enseignants, rendent l’université de Padoue très atractive. De nombreux noms illustres y suivent et/ou y donnent des enseignements. Citons par exemple Galilée (1565-1642), Santorio (1561-1636), Harvey (1578-1657) ou encore Morgagni (1682-1771).

Vésale trouve donc à Padoue un environnement propre à répondre à ses aspirations. Déjà connu pour ses qualités d’anatomiste, il obtient rapidement (par dérogation, son obligation de stage de soins aux malades hospitalisés passe de 12 à 3 mois) son titre de médecin en 1537. Il se voit immédiatement proposé un poste d’explicator chirurgiae, c’est à dire de professeur chargé de cours pratiques d’anatomie. Et à peine entré en fonction, Vésale innove fondamentalement : pendant ses cours, il effectue lui-même les dissections de cadavre en commentant librement l’exercice. L’habitude était auparavant, que le maître soit en chaire, lise le texte descriptif de la dissection (en général le texte de Galien (129-216)) pendant qu’une tierce personne, souvent un simple barbier, faisait la dissection. C’est une avancée majeure tant dans l’enseignement que dans la qualité de la démonstration : Vésale s’attache à montrer la réalité, plutôt que de rabacher une description livresque entachée d’erreurs.

Comparaison de leçon d'anatomie médiévale et Renaissance par Vésale

Dissection en mode médiéval (gauche) et par Vésale (droite).

Demeurant à Padoue, Vésale fait d’abord publier des planches anatomiques à destination des étudiants puis rédige son célèbre ouvrage d’anatomie « De humani corporis fabrica«  qui est publié d’abord en 1543, puis dans une seconde édition révisée en 1555. Les illustrations sont probablement d’un compatriote, Jan Steven van Calcar (v1500-1546), un élève du Titien.

Vésale, en homme de la Renaissance, s’attache à y montrer la réalité en s’appuyant sur sa propre expérience, plutôt que ce qui se trouve dans les textes antérieurs. Un point à noter cependant, est que, le poids des traditions oblige, et l’auteur ayant une certaine considération pour Galien, la première édition, au moins dans son texte, relaie encore des éléments erronnés de l’anatomie de Galien (par exemple les communications à travers le sceptum du coeur). La seconde édition corrige ce point et Vésale y recense plus de 200 erreurs anatomiques commises par Galien, ce qui conduira à des conflit avec certains de ses contemporains moins progressistes que lui. Notons que les planches de la Fabrica apportent un vrai renouveau dans les connaissances de l’anatomie et présentent le corps tel que nous le connaissons actuellement, loin des erreurs et des approximations professées jusqu’alors.

Comparaison Gersdorf - Vésale en anatomie humaine.

Comparaison du squelette entre une représentation début Renaissance et la Fabrica de 1543.

L’apport de Vésale dans la connaissance du corps humain constitue à proprement parler une révolution et on le considère comme le fondateur de l’anatomie moderne.

Le médecin botaniste

Rembert van Joenckema (1517-1585) est, comme Vésale, plus connu sous son nom latin de médecin Rembertus Dodonaeus, francisé en Rembert Dodoens (ou parfois Dodonée au XIXème siècle).

Portrait de Rembert Dodoens de 1669

Portrait de Rembert Dodoens de 1669.

Comme Vésale, il est originaire des Flandres, dans la cité de Malines dans laquelle son père était médecin juré de la ville. Dodoens a débuté ses études à Malines avant de rejoindre l’université de Louvain en 1530. Licencié en médecine en 1535, il devient docteur en médecine vraisemblablement avant 1541, année où il devient, comme son père avant lui, médecin juré de la ville de Malines (poste qu’il tient jusqu’en 1574) avant d’exercer à la cour du Saint empire romain germanique puis à l’université de médecine de Leyde.

Ce n’est cependant pas comme médecin que Dodoens est le plus connu mais bien dans son activité en relation avec les plantes. La Renaissance est une période de grande effervescence pour ce qui concerne les publication à propos des végétaux et de leur utilisation en médecine. Dynamisé par plusieurs facteurs, dont l’organisation des filières d’impression de livres, avec des éditeurs fixes ou itinérants, ou encore les apports de nouveaux végétaux issus de la découverte du Nouveau continent, le domaine des ouvrages traitant des plantes, typiquement des herbiers, connait de nombreuses créations durant la Renaissance.

Déjà durant la période des incunables, ces ouvrages utilisent largement la xylographie pour la préparation de plaques représentant les plantes citées. Ce procédé, s’il présente l’inconvénient de donner une figure en noir et blanc de la plante (qui est souvent ensuite colorisée à la main) a en revanche l’avantage de fournir une image qui n’est pas altérée par les recopies sucessives à la main (problème courant au Moyen Age). Reste que la qualité du graveur impacte directement le résultat, comme on peut le constater avec cette page de l’herbarius latinus de 1486 (ed. Johann Veldener – Louvain). On pourra comparer utilisement à la photo plus bas de l’achillée millefeuille au jardin de Blandy et à la qualité de la représentation dans l’ouvrage de Dodoens.

Présentation de l'achillée millefeuille dans l'herbarius latinus

Présentation de l’achillée millefeuille dans l’herbarius latinus.

Dodoens aborde le sujet des plantes avec une optique qui rappelle celle de Théophraste (v372-v288 av J.C.) dans l’antiquité. Ce dernier est l’auteur d’une « Recherche sur les plantes » en 9 livres, ouvrage qui est plutôt conçu comme une encyclopédie botanique des espèces connues à l’époque que comme un herbier référençant les usages médicaux des plantes (à noter que le livre 9, possiblement apocryphe car suspecté d’avoir été ajouté postérieurement à la mort de Théophraste par un de ses disciples, traite des sèves des végétaux et des vertus des simples. C’est le seul évoquant des usages médicinaux).

L’ouvrage de Dodoens qui le rend célèbre, le Cruydeboeck (livre des plantes) parait en 1554 à Anvers chez Jan van der Loe. Ce livre fait l’objet d’une quinzaine d’éditions en Flamand, Français, Anglais et Latin jusqu’en 1678, signe de l’intérêt qu’il suscite. La version française (« Histoire des plantes ») est publiée en 1557 (toujours à Anvers chez Jan van der Loe) sous la direction du botaniste Charles de l’Escluse (connu sous son nom latin de Carolus Clusius).

Version en Français du livre de Dodoens (1557)

Version en Français du livre de Dodoens (1557).

Pour son ouvrage, Dodoens a repris les planches d’un autre livre : le « New Cruydeboeck » (nouvel herbier) de Leonhart Füchs publié en 1543 en Allemand à Bâle. Son livre des plantes est loin, pour autant, de n’être qu’une reprise du contenu de l’ouvrage de Füchs. Environ un tiers des planches sont inédites, correspondant notamment à des descriptions de nouvelles espèces.

Surtout, Dodoens organise son ouvrage comme un botaniste, regroupant les plantes en 6 livres qui traduisent une volonté de classification : les herbes ; les fleurs, herbes odoriférantes et leurs semences ; les racines et herbes portant médecine et les plantes nuisibles ; les blés, légumes, chardons et leurs semblables ; les herbes, racines et fruits desquels on use journellement pour les viandes ; les arbres, arbrisseaux, buisons et toutes plantes ligneuses. On est encore loin de la nomenclature binomiale de Carl von Linné (1707-1778) mais le travail de Dodoens constitue une prémisse intéressante. L’organisation du livre montre une réelle préoccupation botanique puisque chaque plante est l’objet d’un traitement analogue listant les sous espèces connues, une description de l’aspect de la plante, le biotope qu’elle affectionne, l’époque de floraison / fructification, les dénominations sous lesquelles on la trouve. Viennent ensuite des informations plus proches des considérations médicales : le « tempérament » (froid/chaud, sec/humide) et les vertus et opérations qui correspondent à des indications pour l’utilisation de la plante à des fins thérapeutiques.

Le travail de Dodoens constitue une nouvelle approche des plantes, éloignée à la fois des herbiers traditionnels et des livres de simples mais très ancrée dans la réalité, notamment à travers des planches très réalistes et des précisions purement physiologiques sur les plantes. Elles ont valu à l’auteur d’être reconnu comme le père de la botanique moderne au XIXème siècle.

Les retours du public

Nos échanges avec les visiteurs nous avaient déjà conforté dans l’idée qu’ils avaient été satisfaits de notre animation, mais le livre d’or à la sortie du chateau nous a livré deux messages qui nous ont fait chaud au coeur : l’un générique sur Scalpel et Matula, l’autre sur les ateliers (à noter que le chateau proposait également un atelier de création de mini-jardin en parallèle du notre ce qui étoffait l’offre d’activités sur le week end).

Merci aux visiteurs qui ont laissé ces messages, c’est super encourageant !

Une page du livre d'or du château

Une page du livre d’or du chateau qui nous a touchés..

Le château de Blandy les Tours 

Le site 

Le chateau de Blandy les Tours a une longue histoire qui remonte à 1220, date d’édification d’une première enceinte autour d’un manoir sous le reigne de Philippe Aguste (1165-1223, roi en 1179). Le château a eu un passé mouvementé qui s’est heureusement terminé par une restauration menée après son aquisition par le Conseil Départemental de Seine-et-Marne. Réouvert en 2007 après les travaux, le château offre à présent la vue d’une impressionnante enceinte médiévale.

L'enceinte du château de Blandy les Tours

Deux vues de l’enceinte.

Le site lui-même présente, dans les tours et bâtiments, plusieurs salles meublées ainsi qu’une exposition de costumes historiques couvrant la période XIIIème – Renaissance.

Exposition de costumes au premier étage de l'auditoire

Exposition de costumes au premier étage de l’auditoire.

Reconstitution de chambre seigneuriale dans le Donjon

Reconstitution de chambre seigneuriale dans le Donjon.

Un jardin médiévale – Renaissance est également installé dans la cour (voir plus bas).

Le site est régulièrement le siège d’animations historiques. L’agenda est à découvrir ici.

Un jardin remarquablement bien conçu

Le jardin réalisé dans la cour du château présente au public une cinquantaine de plantes utilisées au Moyen Age et plus tardivement. Elles sont organisées en 6 carrés de 9 espèces présentant des plantes médicinales, des plantes aromatiques, des plantes usuelles, des tinctoriales, des plantes ornementales (mais pas que) et enfin des plantes à usage divers (plante de « sorcières », la dénomination étant à notre sens la moins pertinente des 6 carrés).

Aspect du jardin

Aspect du jardin vue de face et du dessus (encart).

Les plantes sont soigneusement étiquetées afin que le visiteur non averti puisse nommer les espèces présentées. Ce point est précieux puisqu’il permet de mettre un visuel sur des plantes parfois connues seulement de nom. L’organisation surélevée délimitée par des plessis permet une bonne vision des plantes et facilite la circulation.

Carrés du jardin

Carré des aromatiques (gauche) et médicinal (droite).

La grande « trouvaille » de ce jardin est la mise à disposition des visiteurs, à l’entrée dudit jardin, d’une série de livrets plastifiés donnant des informations sur l’utilisation des plantes présentées au Moyen Age. Ces derniers peuvent être empruntés le temps de la visite et fournissent des éléments de contextualisation précieux. Leur construction « robuste » garantie qu’ils pourront servir à de nombreux visiteurs.

Chaque plante est représentée le plus souvent avec des représentations d’époque, avec des détails comprenant les information de nom médiéval et actuel (nomenclature moderne), les noms connus pour la plante, ses propriétés tant des livres d’époque que celles connues actuellement, et enfin des informations purement botaniques.

Livrets pour la visite du jardin.

Les différents livrets à disposition pour la visite.

Exemple de fiche des livrets

Une fiche contenue dans les livret – exemple de la guimauve.

A titre d’exemple, voici plusieurs des plantes présentées (elles sont ici accolées à l’illustration correspondante du livre de Dodoens – cf. ci-dessus).

Alkékenge ou halicacabon

Alkékenge ou halicacabon.

L’alkékenge est représentative de la théorie des signatures développée à la Renaissance, ses fruits évoquant la forme d’une vessie et contenant un fruit aux vertus diurétiques.

Armoise

Armoise.

L’armoise est typiquement dès le Moyen Age une plante utilisées pour traiter les « affections » féminines.

Chélidoine ou grande éclaire

Chélidoine ou grande éclaire.

La chélidoine est indiquée dès le Moyen Age pour être incorporée dans des préparations destinées à améliorer la vue (d’où son nom de grande « éclaire »). Ses fleurs jaunes sont aussi vues comme une indication d’un lien avec les affections bilieuses.

Lys blanc

Lys blanc.

Le Lys blanc, traditionnellement associé à la Vierge Marie, était indiqué pour le traitement des brûlures et la cicatrisation.

Achillée millefeuille

Achillée millefeuille.

L’achillée millefeuille est connue depuis l’Antiquité. Pline l’Ancien (23-79) par exemple la décrit dans son encyclopédie des savoirs contemporains (histoire naturelle) et lui attribue des vertus cicatrisantes (XXIV, 95 et XXV, 19).

Conclusion 

Nous sommes heureux de vous avoir fait partager ce petit saut dans la Renaissance sur le site du Château de Blandy les Tours. Si d’aventure vous passez dans les alentours (note : le château de Vaux le Vicomte n’est pas loin non plus), n’hésitez pas à faire la visite et suivez l’agenda.

A bientôt dans un nouveau blog.

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